Le(s) shutdown(s) du gouvernement américain
Les shutdowns du gouvernement américain sont des manœuvres politiques sans conséquence à long terme sur l'économie, le dollar ou les bons du Trésor. Les investisseurs devraient les considérer comme des non-événements.
La Constitution américaine dispose que le Congrès a la compétence exclusive de décider de la manière dont le gouvernement américain dépense son argent. Le processus budgétaire américain fonctionne de la manière suivante :
1. Les agences gouvernementales (plus de 430) élaborent des demandes de budget soumises à l'Office of Management and Budget (OMB) de la Maison-Blanche.
2. Le président américain soumet une proposition de budget au Congrès.
3. Le Congrès vote une résolution budgétaire — un document non contraignant qui fournit une ligne directrice pour les lois de crédits (une « loi de crédits » est le nom donné à la loi qui détermine le montant alloué à chaque agence).
4. Toutes les agences gouvernementales sont ensuite regroupées en 12 groupes (p. ex. défense, sécurité intérieure, services financiers et administration générale, etc.). Pour chaque groupe, une loi de crédits est préparée. Elle doit être approuvée par le Congrès puis par le président américain pour devenir loi. Ce n'est qu'à ce moment que le gouvernement américain peut dépenser l'argent conformément à la loi.
Si le Congrès ne parvient pas à s'accorder sur une loi de crédits ordinaire, il peut recourir au vote d'une « résolution de continuation » qui prolonge le financement de certaines agences sur la base de la loi de crédits de l'année précédente. Seules des modifications mineures peuvent être apportées dans une résolution de continuation. Si le Congrès ne parvient pas à s'accorder sur une résolution de continuation, il y a une interruption du financement, communément appelée « shutdown ». Les shutdowns durent jusqu'à ce que le Congrès vote une loi de crédits. Pendant un shutdown, les employés non essentiels sont mis en congé (parfois temporairement) tandis que les employés essentiels doivent continuer à travailler bien qu'ils ne perçoivent aucun salaire.
Il y a eu quinze shutdowns dans l'histoire des États-Unis, mais la plupart ont duré moins de trois jours. Le shutdown qui s'est achevé il y a deux semaines après 45 jours a été le plus long jamais enregistré.
Ce dernier shutdown a pris fin grâce à une résolution de continuation qui prolonge le financement jusqu'au 30 janvier 2026. En raison du paysage politique polarisé aux États-Unis, on peut s'attendre à ce qu'un nouveau shutdown survienne le 30 janvier, les deux partis cherchant à instrumentaliser les discussions budgétaires en vue des élections de mi-mandat.
Les investisseurs devraient considérer les shutdowns comme des « non-événements » — des manœuvres politiques éphémères sans conséquence à long terme sur l'économie des États-Unis, la valeur du dollar ou celle des bons du Trésor américain. Le fait est que, dans le monde, la plupart des pays démocratiques traversent une période de polarisation politique accrue en réponse à d'importants défis extérieurs (immigration, guerres, risques politiques externes).
L'indice S&P 500 est plus élevé aujourd'hui que le 1er octobre, premier jour du shutdown. Les bons du Trésor américain à 10 ans sont au même niveau que le 1er octobre, tandis que l'indice du dollar est en hausse de +1,4 %. Les discours affirmant que le shutdown serait négatif pour le dollar ou les bons du Trésor étaient erronés.


